un été diplomatique...

03 juillet 2006

Arrivée en Haïti

Nous arrivons vers midi à l'aéroport Toussaint Louverture de Port-au-Prince sous une chaleur étouffante. Je me dirige vers l'agent du protocole qui tient une pancarte à mon nom et qui va s'occuper de mes bagages et des formalités d'entrée sur le territoire. En attendant il me conduit au salon diplomatique (la grande classe) où je rencontre Michel, un agent du consulat qui est venu pour me chercher. Le chauffeur de l'Ambassade nous attend dehors avec la grosse 4x4 corps diplomatique aux vitres teintées...
Pour nous rendre à l'Ambassade nous traversons une bonne partie de la ville et là, c'est le drame: le spectacle est assez indescriptible, la circulation est totalement anarchique, les rues sont pleines de tap-taps (sorte de taxis collectifs) de toutes les couleurs qui ne respectent les quelques feux rouges, les gens marchent ou réparent leurs voitures en plein milieu des routes, qui ne sont grosso modo qu'une succession d'ornières énormes et de grandes flaques d'eau, tous les "batiments" sont tagués et la plupart sont délabrés, à côté de rues en relativement bon état se trouvent des espèce de rues en terre remplies d'ordures, il y a une multitude de vendeurs à la sauvette qui encombrent les rues (les trottoires n'existent pas), etc... Pour résumer c'est un énorme bordel à côté duquel Barbès ressemble au 7ème arrondissement...Il y a pourtant un certain charme à tout ça, tout est très coloré, vivant, il y a des panneaux et inscriptions partout (interdit de stationner en créole: "Pa kampé la"!), on voit quelques vieilles maisons coloniales, mais ça reste très choquant lorsqu'on débarque de Paris.
Nous arrivons à l'Ambassade, une très belle et grande maison ancienne entourée d'un grand terrain plein de palmiers et le chauffeurs nous dépose à la "case de passage", petite maison un peu à l'écart du parc et qui sera mon logement pour les deux prochains mois. Après avoir défait mes valises et pris une petite douche Michel m'emmène à Pétion-Ville, petite ville sur les hauteurs en périphérie de Port-au-Prince qui a vu venir à elle la population "aisée" de la capitale depuis que la situation du centre s'est dégradée (tout reste relatif et les rues de Pétion-Ville sont en gros les mêmes que celle de Port-au-Prince).
Nous allons au Montanna, l'hôtel le plus prestigieux de la capitale, qui est situé en hauteur et dont le bar offre une vue incroyable sur toute la baie de Port-au-Prince. Il est beaucoup fréquenté par les étrangers et le parking et plein de Jeep des Nations Unies. J'y goute ma première Prestige, la très bonne bière locale issue de la Brasserie Nationale d'Haïti et nous discutons pas mal avec Michel qui n'est là que depuis deux mois et à auparavant été en poste dans pleins d'autres chouettes pays (l'avantage des carrières au MAE). Nous nous dirigeons ensuite vers un restaurant tenu par un Français, "le bistrot d'Haïti", où Michel m'invite à diner (très bon poulet à la créole) puis nous allons prendre une glace chez le meilleurs glacier de la ville. Après cette première soirée très sympa nous rentrons à l'Ambassade où je m'écroule, terrassé par le décalage horaire et la nuit passée à l'aéroport...